Beauregard

HISTOIRE

Paul louis courier

Beauregard

P.L.Courier Grand Ecrivain Tourangeau et pamphlétaire. Parmi les plus notables propriétaires de Beauregard, furent P.L.Courier et David Bacot. P.L.Courier était né à Paris en 1772. En 1804, il reçoit la légion d’honneur des mains de Maréchal Jourdan et quitte l’armée Napoléon en 1809. Il achète « La Chavonnière » à Veretz en 1817 et ensuite Beauregard en 1822. Connu sous « la plume indomptée », ses écrits lui a attiré des grands ennuis auprès du gouvernement centrale. En 1816 il a été condamné par la cours d’assise à Paris à deux mois de prison, pour outrage à la morale publique dans son « simple discours ». L’un de ses plus grands écrits, « la pétition pour les villageois qu’on empêche de danser », était publié en 1822. Dans « La Gazette de Village » paru en 1823, on voit l’annonce suivante :

ANNONCE : Paul-Louis vend sa maison de Beauregard, acquise par lui de David Bacot, huguenot, et pourtant honnête homme. La demeure est jolie, le site, un des plus beaux qu'il y ait en Touraine, romantique de plus, et riche en souvenirs. Le château de la Bourdaisière se voit à peu de distance. Là furent inventées les faveurs par Babeau; là naquirent sept soeurs, galantes comme leur mère, et célèbres sous le nom des Sept péchés mortels; une desquelles était Gabrielle, maîtresse de ce bon roi Henri (140), et de tant d'autres à la fois, féaux et courtois Chevaliers. Par le seigneur lui-même, père des belles filles et mari de Babeau, cette terre fut nommée un clapier de p.t... Vieux temps, antiques moeurs, qu'êtes-vous devenus? On aura ces souvenirs pardessus le marché, en achetant Beauregard, voisin de la Bourdaisière. On aura trente arpents de terre, vigne et pré, grande propriété sur nos rives du Cher, où tout est divisé, où se trouvent à peine deux arpents d'un tenant, susceptibles d'ailleurs de beaucoup l'augmenter en valeur ou en étendue, selon les chances de la guerre qui se fait maintenant en Espagne. Car si le Trappiste (141) là-bas met l'inquisition à la place de la constitution, Beauregard aussitôt redevient ce qu'il était jadis, fief, terre seigneuriale, étant bâti pour cela. Tours, tourelles, colombier, girouette, rien n'y manque. Vol du chapon,jambage, cuissage, etc., nous en avons les titres. Par le triomphe du Trappiste et le retour du bon régime, la petite culture disparaît, le seigneur de Beauregard s'arrondit et s'étend, soit en achetant à bas prix les terres que le vilain ne peut plus cultiver, soit en le plaidant à Paris devant messieurs de la grand'chambre, tous parents ou amis des possesseurs de fiefs, soit par voie de confiscation, ou autres moyens inventés ou pratiqués du temps des moeurs. Toute la garenne de Beauregard, si Dieu favorise don Antonio Maragnon, tout ce qui est maintenant plantation, vigne, verger, clos, jardin, pépinière, se convertit en nobles landes et pays de chasse à la grande bête, seigneurie de trois mille arpents, pouvant produire par an quinze cent livres tournois, et ne payant nul impôt. Beauregard gagne en domaine, mouvances, droits seigneuriaux, par la contre-révolution. Si sa Révérence, au contraire, était malmenée en Espagne, et pendue, ce qu'à Dieu ne plaise! Beauregard alors est et demeure maison, terre de vilain, et à ce titre paye l'impôt; mais la petite culture continuant sous le régime de la révolution, par le partage des héritages et le progrès de l'industrie nos trente arpents haussent en valeur, croissent en produits tous les ans, et quelque jour peuvent rapporter trois, quatre, cinq et six mille francs, que bon nombre de gens préfèrent à quinze cents livres tournois, tout en regrettant peut-être les droits et les mille arpents honorifiques de chasse au loup. En somme, il n'y a point de meilleur placement, plus profitable, ni plus sÛT,quoi qu'il puisse arriver; car, enfin, si faut-il que le Trappiste batte ou soit battu. Dans les deux cas, Beauregard est bon, et le devient encore davantage. Pour plus amples renseignements, s'adresser à Paul-Louis, vigneron, demeurant près ladite maison ou château, selon qu'il en ira de la conquête des Espagnes.

En 1825 Paul Louis Courier a été assassiné dans le forêt de Larçay. Il a été enterré dans le cimetière de Veretz. Hermanie (la femme de P.L.Courier),et son amant Louis Frémont, se trouvent devant la Cour d'Assis de Tours pour répondre à l'assassinat de P.L.Courier. Malgré des preuves accablant , la Cour a estimé ces preuves insuffisantes et ont donc libérés les accusés. Hermanie ensuite a vendu Beauregard et est partie en Suisse pour y installer.